Vente acte en main : faut-il payer les frais de notaire de l'acheteur ?
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Oui, un vendeur peut payer les frais de notaire de l'acheteur : c'est la vente « acte en main ». L'acheteur verse un prix global, frais compris, et le vendeur règle les frais sur ce montant. Ce n'est pas gratuit pour le vendeur : son net baisse d'environ 7 à 8 % dans l'ancien. L'option sert surtout à débloquer un acheteur qui a peu d'apport.
Avant de le proposer, faites le calcul : payer les frais de l'acheteur coûte souvent plus cher qu'une négociation classique. Voici quand cela vaut la peine, et comment le faire sans erreur.
Qu'est-ce qu'une vente acte en main ?
Une vente acte en main (on dit aussi « contrat en main ») est une vente où le vendeur prend à sa charge les frais d'acquisition normalement payés par l'acheteur. L'administration fiscale la définit ainsi : une vente est consentie « contrat en mains » lorsque « le vendeur se charge de tous les frais qu'entraîne la transmission de l'immeuble vendu » (BOFiP, BOI-ENR-DMTOI-10-10-20-30, § 10).
Trois prix à ne pas confondre :
- Prix net vendeur : ce que vous touchez, avant les frais que vous prenez en charge.
- Prix FAI (frais d'agence inclus) : le prix affiché, honoraires d'agence compris. Les frais de notaire s'ajoutent en principe.
- Prix acte en main : la somme totale que l'acheteur paie, frais de notaire inclus.
C'est l'usage courant dans le neuf, où les promoteurs annoncent des « frais de notaire offerts » (Notaires de France). Dans l'ancien, la pratique est légale mais rare. C'est souvent l'acheteur qui la demande, au moment de l'offre d'achat.
Combien coûtent les frais de notaire en 2026 ?
Dans l'ancien, comptez environ 7,5 à 8 % du prix. Le notaire n'en garde qu'une petite partie : selon les Notaires de France, les taxes reversées à l'État et aux collectivités peuvent atteindre les quatre cinquièmes de la somme (Notaires de France).
Les frais se composent de :
- 💶 Droits de mutation : environ 6,3 % du prix dans la plupart des départements ;
- Émoluments du notaire : un barème dégressif fixé par l'État, plus la TVA ;
- Contribution de sécurité immobilière : 0,10 % du prix ;
- Débours : les sommes avancées par le notaire (état hypothécaire, documents d'urbanisme, copies d'actes).
Les droits de mutation ont augmenté en 2025. La loi de finances pour 2025 (article 116) autorise les départements à porter leur taux de 4,5 % à 5 % jusqu'en 2028 (Service-Public.fr). Au 1er juin 2026, 88 départements avaient voté cette hausse (JeChange, d'après le tableau des taux de la DGFiP). ⚠️ Les primo-accédants qui achètent leur résidence principale en sont exonérés.
Ordres de grandeur calculés par Zefir, débours estimés à 1 200 €. Pour votre cas, utilisez le simulateur des Notaires de France.
Payer les frais de l'acheteur ou baisser le prix : qu'est-ce qui coûte le moins cher ?
Pour le vendeur, payer les frais de notaire de l'acheteur revient presque au même qu'une baisse de prix du même montant. Ce qui change, c'est l'apport demandé à l'acheteur.
Prenons un acheteur dont le budget total est de 300 000 €, frais compris, pour un bien ancien dans un département à 5 % (hors honoraires d'agence) :
Ordres de grandeur calculés par Zefir. En acte en main, les frais payés par le vendeur sont déduits du prix pour calculer les droits de mutation (BOFiP, § 10).